Cartier Philanthropy - Dépasser le traumatisme

Dépasser le traumatisme

Finalisé

Dans sept villages de Taungû (État du Kayin), Swiss Academy for Development et Karen Women Empowerment Group ont aidé plus de 800 femmes et jeunes à surmonter le traumatisme occasionné par le conflit et les violences à travers l’activité physique, la danse traditionnelle et le jeu. Dans le cadre d’un programme pilote de deux ans, les participants ont amélioré leurs compétences de vie, leur confiance en eux et leur autonomie économique en renforçant la cohésion sociale pour prendre la voie de la guérison.

Durée
2017-2019
priorité
Développement social et économique des femmes Accès aux services de base
pays
Myanmar
partenaire
SAD

Résultats obtenus

Les survivants de guerre peuvent-ils un jour retrouver une vie normale ?

Après presque six décennies de guerre civile, de déplacements de population et de joug militaire, le Myanmar reste en proie à un climat de peur et d’insécurité latent. La culture du silence, de l’impunité et de la résignation a permis à la violence subie pendant la guerre de se perpétuer aujourd’hui.

Les femmes et les enfants ont été les premières victimes de cette terrible guerre et en subissent douloureusement les conséquences. Aucun traitement psychologique n’est toutefois proposé par un système de santé publique laissé en ruines.

Dans sept villages de Taungû (État du Kayin), Swiss Academy for Development (SAD) et Karen Women Empowerment Group (KWEG) ont permis à des femmes et des jeunes de surmonter leur traumatisme et faire face à leur détresse mentale à travers l’activité physique, la danse traditionnelle et le jeu.

  • 810 personnes vulnérables (436 femmes, 336 jeunes et 38 hommes) ont appris à reconnaître un traumatisme et ses effets, à gérer leur stress et à renforcer leur confiance en eux et leur bien-être psychologique.
  • Conformément à la méthodologie de SAD, les participants ont pris part à 350 sessions recouvrant différents types d’activités : sport, danse traditionnelle, jeux de rôle sur les compétences de vie, consultations individuelles et en groupe, séances de premiers soins psychologiques et psychothérapeutiques, réunions communautaires et discussions ouvertes au sein des villages.
  • Les participants ont pu explorer et mettre en pratique d’importants mécanismes d’adaptation et de communication (souvent pour la toute première fois) dans une atmosphère conviviale et détendue. La plupart d’entre eux ont observé une amélioration notable de leur capacité à assurer des tâches quotidiennes et à gérer leurs problèmes mentaux et relationnels, une réduction de leur détresse émotionnelle, ainsi qu’un regain de confiance et d’empathie envers les autres.
  • Environ 30 animateurs et conseillers ont été formés à l’animation pour établir un socle de compétences solide et durable dans les villages et assurer la pérennité des actions.
  • Afin d’améliorer la stabilité économique des femmes, un soutien financier a été accordé à 28 nouvelles petites activités commerciales et 8 groupes d’épargne et de crédit.
  • SAD a aussi offert un soutien juridique à 10 jeunes filles victimes de violences. La résolution de ces affaires a été l’occasion d’ouvrir le dialogue au sein des communautés sur les lois relatives aux violences liées au genre, au mariage, au travail des enfants et au trafic d’enfants et aux droits qui en découlent.

Au terme de la phase pilote du programme, SAD a partagé son approche sur le traitement du traumatisme basée sur le sport et le jeu de rôle, ainsi que les résultats obtenus avec des professionnels du développement et des chercheurs au Myanmar et à l’étranger. Les taux de participation extrêmement élevés et les retours positifs émis par les communautés confirment la validité et la pertinence de cette intervention, dans un domaine où il est souvent difficile de susciter l’adhésion du plus grand nombre.

« Nous devons inviter d’autres femmes à se joindre au programme pour qu’elles puissent elles aussi comprendre ce que l’on ressent quand on est ensemble. »

Facilitateur SAD

« Je me sentais souvent exclue. Maintenant, j’essaie simplement de m’adapter à la situation. Après quelque temps, je ne suis plus triste. »

Participant à une séance de jeux