Cartier Philanthropy - Lutter contre la malnutrition via l’entreprenariat féminin

Lutter contre la malnutrition via l’entreprenariat féminin

Finalisé

Dans quatre quartiers vulnérables de Ouagadougou le Gret a mis en place un réseau de production et vente de bouillies prêtes à consommer (Laafi Benre). Préparés à partir de farines infantiles fortifiées, ces aliments de complément au lait maternel sont fabriqués localement et sont vendus à un prix abordable par un réseau de femmes entrepreneurs dans des kiosques fixes ou en vente ambulante Ces activités commerciales favorisent l’indépendance économique et sociale des femmes qui contribuent ainsi aux charges du foyer.

Durée
2014-2015
priorité
Développement social et économique des femmes Accès aux services de base
pays
Burkina Faso
partenaire
Gret

RÉSULTATS OBTENUS

Dans les quatre quartiers péri-urbains de Ouagadougou ciblés par ce programme pilote (Bissighin, Pazani, Worsi et Pousghin) un réseau de vente animé par des femmes entrepreneurs propose aujourd'hui aux familles d’enfants de 6 à 24 mois le produit Laafi Benre, une bouillie fortifiée prête à consommer abordable et de qualité et également des petits sachets de farines infantiles fortifiées à préparer à la maison, produites par 3 unités de productions locales.
En un an, 1,5 tonne de farine fortifiée a été achetée aux entreprises locales et 55 000 repas ont été vendus par le réseau de proximité, au bénéfice de 1 500 enfants.

En outre :

  • 12 femmes préparatrices de bouillies et vendeuses ambulantes ont suivi des formations en techniques de production (conditions de stockage, règles d’hygiène) et commercialisation.
  • 340 femmes sont employées dans les 3 unités de fabrication des farines fortifiées.
  • Quatre kiosques pour la vente exclusive des bouillies ont été rénovés et leur visibilité améliorée sur la zone.
  • Le volume des ventes de bouillie a augmenté entre 10 et 37% par trimestre
  • 75 leaders communautaires et acteurs locaux ont été touchés par des actions de communication et de plaidoyer visant à améliorer les connaissances et pratiques des familles sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant
  • 100% des bouillies vendues répondent aux normes de qualité et d’hygiène conformes aux recommandations internationales.
  • Plus de 2000 familles de la zone connaissent la bouillie et les farines infantiles et y ont accès à moins de 500 mètres de leur domicile; 60% d’entre elles l’achètent régulièrement.
  • 2500 mères et 450 pères sont sensibilisées aux bonnes pratiques d’alimentation, d’hygiène et de soins de leurs enfants.

D’importants défis restent à relever. Les ventes ne suffisent pas encore à rentabiliser complètement l’activité, qui bénéficie aujourd’hui d’une subvention de 50% sur l’achat de la farine servant à la préparation de la bouillie. La commercialisation d’un autre produit enrichi destiné aux femmes est aussi en cours et permet de diversifier l’activité et améliorer le rendement des kiosques.

« J’ai aujourd’hui un lieu où les gens peuvent venir me trouver pour que je leur donne des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Ce travail est, pour moi, une raison de me lever le matin. Je sais où je vais et ce que je dois y faire. Ma famille connait et apprécie mon travail auprès des communautés pour améliorer leur santé. Quand les gens du quartier me voient passer, ils m’appellent ‘Laafi Benre Yaaba’ ce qui signifie ‘la grand-mère à la bonne bouillie pour la santé’ en langue mooré. Cela me fait plaisir que les enfants m’appellent ainsi. Je suis reconnue et les gens me demandent des conseils pour bien nourrir leurs enfants. »

Sidonie Ouedraogo, gérante d’un kiosque Laafi Benre à Bissighin.

« Ce modèle d’entreprenariat a démontré toute sa pertinence. Les femmes recrutées pour gérer la vente et la distribution, se sont réellement engagées et sont restées mobilisées, même pendant la saison des pluies. Les ventes de bouillie ont fortement augmenté au cours des premiers mois, ce qui témoigne de la forte mobilisation des communautés et de la bonne communication sur le produit. »

Estelle Juré, responsable du programme au Burkina Faso.

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