Upside n. 7: Nos foyers ne sont pas sûrs

Les mesures de confinement ont mis en lumière une vérité que nous choisissons trop souvent d’ignorer : nos espaces les plus intimes, nos foyers, ne sont pas toujours sûrs. Témoignages de notre partenaire Women for Women International.

Les mesures de confinement ont mis en lumière une vérité que nous choisissons trop souvent d’ignorer : nos espaces les plus intimes, nos foyers, ne sont pas toujours sûrs.

À la suite des efforts d’endiguement du coronavirus et des mesures de confinement associées, les chercheurs ont noté une augmentation des violences domestiques de plus de 25 % dans de nombreux pays.

Graça Machel, défenseuse internationale des droits des femmes et des enfants, a récemment souligné à ce sujet : « Nous avons découvert une “pandémie dans la pandémie” et nous sommes confrontés à une réalité atroce : partout dans le monde, des millions de femmes et d’enfants se battent pour survivre non seulement à la COVID‑19, mais aussi aux maltraitances que leur font subir leurs agresseurs dans leurs prisons personnelles. »

Les mesures de quarantaine rendent des femmes et des adolescentes du monde entier vulnérables aux violences, à l’exploitation et aux abus sexuels, tandis que le coronavirus révèle crûment les inégalités de genre profondément ancrées dans notre société.

Ne sachant que trop bien que les crises privent les femmes de choix et de voix et que l’isolement et les restrictions les exposent plus que jamais aux violences domestiques, notre organisation partenaire, Women for Women International, agit au Rwanda pour aider les pères, les maris et les fils qui décident de prendre part à son Programme d’engagement des hommes à mettre en pratique ce qu’ils apprennent durant leur formation.

Les témoignages de ces hommes permettent de jauger avec objectivité les avancées réalisées et les progrès qu’il reste à accomplir.

Les hommes intégrés au programme réfléchissent à la façon dont ils perçoivent les normes sociales intériorisées pour cesser de faire du mal à leurs femmes.

« En revenant chez nous après notre dernière session de suivi, nous avons dû identifier un type de violence basée sur le genre que nous perpétrons. Ce devoir m’a encouragé à réfléchir et j’ai compris que je commettais des violences sexuelles. Je revenais tard à la maison, saoul, et je ne laissais jamais ma femme s’exprimer sur nos relations sexuelles. Depuis, je lui ai présenté mes excuses et je lui ai promis que les choses allaient changer pour de bon. Maintenant, elle sait qu’elle a aussi le droit de prendre l’initiative ou de refuser un rapport », explique Daniel.

Les hommes comprennent que, pour être de bons pères, ils doivent partager leurs responsabilités et leur autorité.

« Ce que nous avons appris pendant la formation nous a aidés à mieux vivre le confinement. Normalement, dans notre culture, les hommes ne restent pas à la maison avec leur femme et leurs enfants. Ils reviennent tard chez eux, parfois saouls. Grâce au programme, nous avons compris l’importance de passer du temps en famille, de développer des attitudes masculines positives et d’être de bons pères. Nous travaillons ensemble, nous déjeunons ensemble, nous planifions nos activités ensemble et nous prenons soin de nos enfants ensemble », précise Philip.

Confrontés aux pertes d’emplois et aux fermetures des marchés, de nombreux hommes ont commencé à discuter avec leurs femmes de leurs économies personnelles et de leurs projets financiers.

« Pendant le confinement, nous avons réfléchi à des projets à long terme qui nous permettraient de nourrir notre famille. Nous comptons louer une terre pour y faire pousser des fruits. Nous avons acheté un système de production d’électricité à énergie solaire pour aider nos enfants à faire leurs devoirs », se réjouit Jean Paul.

Des chercheurs ont démontré que les crises comme celle que nous traversons aujourd’hui sont propices aux actions remettant en question la construction des identités et des rôles des femmes et des hommes. En effet, dans ces périodes de bouleversements, les normes sociales traditionnelles sont suspendues. Le contexte actuel est donc un terreau idéal pour effectuer un travail de fond en faveur de l’égalité des genres, un engagement cher à Women for Women International et Cartier Philanthropy.

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