Unis pour éradiquer l’extrême pauvreté

La solution qui permettrait de mettre fin à l’extrême pauvreté serait à notre portée. Elle repose sur un modèle reconnu à l’échelle internationale : le système de formation créé par BRAC, au Bangladesh, - en Anglais « graduation approach » et désormais adopté et décliné par de nombreuses organisations.

Si l’on en croit la Banque mondiale, la pandémie de COVID-19 et les mesures prises pour l’endiguer pourraient rapidement plonger jusqu’à 115 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, pulvérisant ainsi des décennies de progrès dans la réduction de la pauvreté. Ce chiffre viendrait s’ajouter aux 700 millions de personnes vivant déjà dans une extrême pauvreté avant la pandémie. Aujourd’hui plus que jamais, les plus pauvres risquent d’être laissés pour compte.

Cette situation n’est cependant pas irrémédiable. En effet, pour la première fois, les acteurs internationaux du développement ont identifié une solution progressive et éprouvée permettant aux ultra-pauvres de s’affranchir de leur condition et d’accéder à des moyens de subsistance pérennes : le système de formation pour les ultra-pauvres , mis sur pied par BRAC, au Bangladesh. 

Construite comme une « série complète d’interventions définies dans le temps, intégrées et séquencées », l’approche de BRAC repose sur quatre piliers. Elle associe des stratégies assurant la satisfaction des besoins essentiels à court terme - le premier pilier - à des interventions sociales et financières - déployées sur les trois autres piliers. Elle produit des résultats économiques solides qui se maintiennent sur le long terme.

  • Le premier pilier rassemble les mécanismes de protection. Il inclut une aide à la consommation, une assistance en cas de crise et l’accès gratuit à la santé et à l’éducation.
  • Le deuxième pilier regroupe des transferts d’actifs et d’espèces ainsi que des formations techniques. Ils permettent l’acquisition de compétences en gestion financière ou l’accès au marché de l’emploi.
  • Le troisième pilier consiste en un ensemble de services financiers formels et informels associés à une formation de base en gestion des finances.
  • Le quatrième pilier prend la forme de suivis réguliers et d’un accompagnement au développement de compétences essentielles. Ils contribuent à renforcer la confiance en soi et à encourager l’inclusion sociale et l’adoption de comportements positifs.

Cartier Philanthropy collabore avec une communauté dynamique d’organisations partenaires qui applique le modèle de BRAC sous différentes formes afin de combattre l’ultra-pauvreté partout dans le monde.

BRAC a ouvert la voie. Fondée au Bangladesh, l’organisation demeure celle qui met le plus en œuvre son propre modèle de formation dédié aux ultra-pauvres. Elle a non seulement atteint 2 millions de foyers au Bangladesh, mais également développé et proposé des versions adaptées de son programme dans 14 pays, dans des contextes aussi variés que les problématiques à aborder. Entre 2016 et 2019, nous avons soutenu la réplication et l’aménagement du modèle en Ouganda qui a contribué à une nette amélioration des revenus, de la consommation, des actifs, de la sécurité alimentaire et de l’état de santé de plus de 8 200 personnes. Forts de ces résultats, nous finançons actuellement, toujours en Ouganda, un programme pilote destiné à repenser l’intégration du handicap au cœur du modèle.

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© The BOMA Project

Village Enterprise propose un programme de formation à la création de microentreprises en Afrique de l’Est. À ce jour, l’organisation a formé plus de 197 000 personnes et permis le lancement de plus de 52 000 microentreprises. Sa formule, qui associe un capital initial, des formations en entrepreneuriat et finances, un mentorat continu et un soutien à la création de groupes d’épargne et d’entreprises de trois personnes, a abouti à des gains financiers tangibles et à une amélioration significative de l’alimentation, de l’éducation et des soins chez les personnes extrêmement pauvres. Pour donner suite au succès de notre premier financement dans l’ouest de l’Ouganda, nous avons renouvelé notre soutien à Village Enterprise afin qu’ils répliquent leur modèle à plus large échelle dans de nouvelles communautés et de nouveaux pays.

Le programme de formation de The BOMA Project s’adresse aux femmes ultra-pauvres issues de communautés reculées des zones arides d’Afrique. Ces régions, qui accueillent certaines des poches de pauvreté et d’insécurité alimentaire les plus extrêmes et les plus persistantes du monde, sont particulièrement impactées par les répercussions du changement climatique. Le programme de BOMA consiste en une série d’aides et d’interventions —capital de départ, formation en finances, développement de compétences essentielles sur les notions de genre, éducation aux droits de la personne et mentorat de deux ans. Il encourage les participantes à :

  • créer et développer leurs propres entreprises et groupes d’épargne,
  • renforcer leur sécurité financière et alimentaire,
  • investir dans la santé et l’éducation de leurs enfants,
  • faire entendre leur voix, leurs choix et leur volonté.

The BOMA Project a déjà permis à plus de 225 000 femmes et enfants de sortir de la pauvreté extrême en contribuant à la fondation de plus de 12 000 microentreprises dirigées par des femmes et 2 000 groupes d’épargne au Kenya et en Ouganda. Plusieurs évaluations, internes et externes, ont démontré l’efficacité du modèle de BOMA. L’organisation s’est donnée pour objectif d’intégrer plus de 165 000 femmes à son programme et de soutenir plus de 830 000 enfants d’ici à 2022. Nous soutenons BOMA dans cette phase de développement critique.

Women for Women International s’engage en faveur des femmes victimes de conflits armés. L’organisation met ses compétences, ses connaissances et ses ressources au service de femmes ultra-pauvres et marginalisées vivant dans des régions fragilisées par la guerre afin de transformer durablement leur condition. Son programme phare de développement social et économique des femmes, que Cartier Philanthropy finance dans plusieurs pays depuis 2013, intègre, dans un parcours de 12 mois, une formation centrée sur les questions de genre. Les participantes sont progressivement amenées à surmonter les barrières sociales pour favoriser l’inclusion. Elles sont également orientées vers des débouchés économiques leur permettant de renforcer leur sécurité alimentaire, leurs revenus, leurs économies et leur capacité de résilience.

Les efforts, la réflexion, les ressources et la ténacité nécessaires pour vaincre l’extrême pauvreté dépassent de loin le cadre d’actions d’une organisation isolée. Pourtant, action après action, et année après année, nos partenaires démontrent que le modèle global de « graduation » peut être adapté à des situations de pauvreté, et aménagé efficacement avec le concours d’institutions gouvernementales, d’organismes multilatéraux, de bailleurs de fonds privés et d’autres ONG.

Le modèle est désormais sous les feux des projecteurs grâce aux données qui viennent attester de son succès, dont la dernière étude d’impact menée par Banerjee, Duflo et Sharma qui ont observé la persistance de retombées positives en matière de bien-être économique et de santé des familles, dix ans après le terme de la formation. Cette nouvelle démonstration de l’efficacité du dispositif devrait stimuler le développement d’interventions coordonnées associant différents acteurs, alors que l’élimination de l’extrême pauvreté dans le monde demeure le premier des Objectifs de développement durable des Nations unies : « Éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et dans tous les pays. »

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© The BOMA Project

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© The BOMA Project / David duChemin

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© Cartier Philanthropy / Andrea Borgarello

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© The BOMA Project / David duChemin

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© The BOMA Project / David duChemin

Crédits photo: Banner © Cartier Philanthropy / Andrea Borgarello