Renforcer l’émancipation des femmes par l’éducation

Voici un aperçu de la manière dont nous et nos partenaires faisons la différence pour les filles et les femmes à travers le monde, de l’école maternelle à l’université.

© Educate Girls

Dans de nombreux pays, les filles n’ont pas un accès équitable à l’éducation. Globalement, des millions de jeunes filles ne se retrouvent pas sur les bancs de l’école, car leur famille et leur communauté estiment qu’elles n’ont pas besoin d’éducation ou alors elles les obligent à réaliser des tâches domestiques, à travailler voire à se marier. Pourtant, selon la Banque mondiale, une seule année d’enseignement dans le secondaire permettrait à une femme d’augmenter son salaire de 25 %, plus tard dans sa vie. Les climatologues de Drawdown Project ont même classé l’éducation des filles au sixième rang des stratégies les plus efficaces pour freiner le changement climatique, devant l’augmentation de fermes solaires et de véhicules électriques.

Voici un aperçu de la manière dont nous et nos partenaires faisons la différence pour les filles et les femmes à travers le monde, de l’école maternelle à l’université.

LA PLUS GRANDE SALLE DE CLASSE D’AFRIQUE

Lorsque l’on évoque l’éducation en Afrique, les images qui reviennent souvent sont des salles de classe bondées, sans tableau noir ni ressources pédagogiques, alors qu’en réalité, la plus grande salle de classe en Afrique est digitale.

Ubongo est une entreprise sociale qui produit et diffuse des dessins animés éducatifs et ludiques qui amusent les enfants tout en les aidant à apprendre. Ubongo a déjà accompagné des millions de familles dans 41 pays par ses programmes diffusés gratuitement à la télévision, à la radio et sur les téléphones portables.

L’une de ces séries de dessins animés est Akili and me. Chaque nuit, quand elle s’endort, Akili entre dans Lalaland et apprend de nouvelles choses grâce à ses amis les animaux. Les résultats ont démontré que les enfants qui regardent Akili and me améliorent de 13 % leurs compétences cognitives, dont la lecture et le calcul. En Tanzanie, les enfants qui ont regardé régulièrement Akili and me pendant 12 semaines ont progressé de 27 % dans la reconnaissance des formes et de 24 % dans leur capacité de calcul. Les téléspectateurs réguliers sont aussi plus à même de nommer des émotions et d’identifier des stratégies efficaces de résolution de conflits.

En Côte d’Ivoire, une maman de trois enfants a décrit comment ses filles, âgées de 6, 8 et 12 ans, ont progressés grâce aux dessins animés crées par Ubongo : « Mes filles se réunissent plus souvent, ce qui a renforcé leur lien familial. Leur anglais est meilleur et leur apprentissage se passe bien. Elles ne tarissent pas d’éloges sur les programmes ».

Ubongo a aussi produit plusieurs séries dédiées aux adolescentes afin de les aider à développer leurs connaissances financières. Le fait de regarder ces dessins animés leur a été très utile : les jeunes filles ont acquis de nouvelles compétences et ont appris à avoir davantage confiance en elles pour épargner, établir un budget et se préparer à d’éventuelles urgences économiques, ce qui leur permettrait alors de rester scolarisées en couvrant les frais grâce à leurs économies.

En choisissant, pour Akili and me, un personnage principal féminin et en ayant un contenu qui prône l’égalité des genres et démontre que les femmes comme les hommes peuvent faire le travail de leur choix, Ubongo a également eu une influence positive sur les perceptions et stéréotypes de genre.

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© Ubongo

COMBLER LE FOSSÉ ENTRE LES SEXES DANS L’INDE RURALE

À mesure que les filles grandissent, la pression exercée sur elles afin qu’elles participent aux tâches ménagères ou pour qu’elles travaillent s’accroît et leur éducation est alors réduite, voire interrompue.

Anjali*, 13 ans, originaire d’un village reculé du Madhya Pradesh, en Inde, a abandonné l’école à l’âge de 8 ans pour aider sa famille. Elle aimait lire et écrire, mais sa famille estimait qu’elle devait travailler à la ferme et ainsi réduire les coûts.

Cependant, le père d’Anjali s’est laissé convaincre de la laisser participer à deux heures de cours du Camp Vidya, une initiative d’apprentissage communautaire proposée par Educate Girls, une organisation à but non lucratif qui collabore avec le gouvernement et les communautés pour ramener à l’école les filles non scolarisées vivant dans les régions rurales les plus reculées de Inde. Les camps comme le Camp Vidya, qui ont vu le jour pendant la pandémie de Covid-19, offrent aux enfants la possibilité d’étudier en l’absence d’une scolarité classique, afin que leur apprentissage ne s’arrête pas. Maintenant que les écoles ont rouvert, Anjali et d’autres filles du village se sont inscrites et vont régulièrement en cours.

« J’adore étudier les maths, dit Anjali. Je ne savais pas écrire un mot quand je suis arrivée au camp, mais maintenant je peux écrire des phrases complètes et faire des additions. J’aide même mon père à faire ses calculs. Je suis ravie de retourner finalement à l’école après cinq ans ! »

Plusieurs milliers de filles comme Anjali ont pu poursuivre leur éducation grâce aux efforts d’Educate Girls, qui est intervenue dans plus de 20 000 villages de l’Inde rurale.

« Nous avons une armée de plus de 20 000 bénévoles communautaires explique Safeena Husain, fondatrice et membre du conseil d’administration d’Educate Girls. Grâce à l’analyse prédictive, nous identifions les filles non scolarisées et faison en sorte qu'elles retournent à l’école et y restent. La pauvreté, le patriarcat et l’analphabétisme s’entrecroisent, ce qui signifie que les filles ne sont jamais inscrites à l’école ou qu’elles sont obligées de l’abandonner très vite.»

« La disparité entre les sexes n’est pas seulement une question d’éducation, explique-t-elle. C’est un problème de mentalité beaucoup plus profond. Les gens voient une chèvre comme un atout et une fille comme un handicap. L’éducation est un moyen de briser cette mentalité. »

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© Cartier Philanthropy / Cyril Le Tourneur

ROOM TO READ, DE LA LECTURE ET DES RÊVES POUR GRANDIR

Les obstacles à l’éducation d’une fille - comme les biais culturels, la discrimination de genres et les problèmes de sécurité - s’accentuent quand elle devient adolescente et atteint l’école secondaire. Il est alors primordial de mettre en place des programmes qui sont dédiés à ces jeunes filles.

Room to Read est une organisation mondiale à but non lucratif qui cherche à éradiquer l’analphabétisme et les inégalités entre les genres par ses programmes éducatifs. Ces derniers ont déjà profité à plus de 32 millions d’enfants, dans 21 pays et plus de 49 000 communautés. En plus de faciliter l’accès des élèves des écoles primaires aux livres et à la lecture, l’organisation travaille avec les écoles secondaires par le biais de son programme spéciale d’éducation pour les filles.

« Le programme d’éducation pour les filles a été fondé sur la conviction que des femmes instruites peuvent changer le monde , déclare Geetha Murali, directrice générale de Room to Read. Le fait qu’une fille soit scolarisée ou ne le soit pas aura de grandes répercussions sur sa qualité de vie et celle de sa famille. »

Senghong Vet est une jeune Cambodgienne de 16 ans qui a commencé à suivre le programme en 2016. Elle est désormais une autrice publiée. « Je suis la seule de ma famille à avoir étudié jusqu’en 11e année, dit-elle. J’espère continuer à écrire des histoires et être un modèle pour les autres enfants. Beaucoup de filles n’ont pas cette opportunité. Nous devons les aider à réaliser leurs rêves. »

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© Cartier Philanthropy / Andrea Borgarello

UNE UNIVERSITÉ DÉDIÉE AUX FEMMES

Si les filles parviennent à terminer l’enseignement secondaire, qu’est-ce qui les attend ?

L’Asian University for Women (AUW), basée à Chittagong, au Bangladesh, a pour objectif d’éduquer et d’émanciper les femmes de tous horizons pour qu’elles deviennent des leaders.

« Dans les pays en voie de développement, les talents des femmes ne sont que trop rarement cultivés, explique Kamal Ahmad, fondateur de l’Université. Je voulais mettre sur pied une institution qui les ciblerait et qui nourrirait leurs talents. Nous tenons à accepter les candidates les moins probables, comme les réfugiés ou les travailleuses industrielles. Nous accueillons des jeunes femmes issues de familles qui n’ont jamais envoyé personne à l’université. Si vous avez l’intellect, peu importe que vous ayez ou non des chaussures. Le leadership, le courage et l’empathie sont déterminants. Nous voulons que ces femmes aient un impact extraordinaire dans leur communauté. »

Layla, au Pakistan, est l’un de ces exemples. C’est la première fille de son village à avoir fréquenté l’université ; elle est aujourd’hui une importante réalisatrice de documentaires et la fondatrice de la maison de production Reality Beyond Dreams. À travers ses documentaires et ses films, elle met en lumière les voix marginalisées du Pakistan et aborde les questions relatives aux femmes, aux droits de l’homme et à l’impact social du changement climatique.

Un diplôme de l’AUW offre aux femmes les outils nécessaires pour poursuivre leurs passions et mettre en pratique leur diplôme d’arts libéraux en apportant des transformations dans leurs communautés et partout ailleurs.

Qu’elles deviennent auteures, réalisatrices, leaders communautaires ou ouvrières du bâtiment - peu importe leur choix -, les femmes qui ont eu accès à l’éducation dès leur plus jeune âge sont plus susceptibles de gagner un salaire plus élevé et d’avoir moins d’enfants et en meilleure santé. Non seulement l’éducation change leur quotidien, la vie de leurs enfants et celle des générations futures, mais elle transforme aussi le monde dans lequel nous vivons tous pour le meilleur.

* Nom modifié pour des raisons de confidentialité

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© Cartier Philanthropy / Andrea Borgarello

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© Cartier Philanthropy / Irene Amodei

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©Cartier Philanthropy / Cyril Le Tourneur

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© Cartier Philanthropy / Andrea Borgarello

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© Cartier Philanthropy / Irene Amodei

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